Tandis
que
Tandis
que la foutue bienséance médiatique nous assène,
en
attendant pire ailleurs, que c'est une malédiction vous dis-je,
une fatalité, vous dis-je, un désastre vous dis-je, tandis qu'ils
s'amusent à décortiquer les chiffres, 50000 ou 200000, les autres
déclament que c'est l'oeuvre d'on ne sait quel créateur et exhument
des décombres de savantes théories
mais
on s'en fout
car
il y a l'enfant,
l'enfant,
l'enfant,
l'enfant
qui pourrait être mon enfant ou ton enfant, il y a cet enfant,
qui est dans sa classe à l'école ou dans sa chambre,
cet enfant qui a peut être deux ans ou cinq ans, un enfant
comme les autres, qui ne pense qu'à jouer, vivre et un mur
soudain lui tombe dessus, est-ce que les briques le démembrent,
le décapitent, est-ce que l'enfant meurt tout de suite
écrabouillé ou est-ce qu'il survit pendant quelques
heures, jours, à quoi est-ce qu'il pense, est-ce qu'il pense à
sa maman, à son père, à son nounours, est-ce
qu'il pleure parce qu'il n'en peut plus, que fait cet enfant, que
fait-il, y a-t-il moyen de comprendre sa souffrance, faut-il dire
qu'elle est obscène et inique et que le farceur qui l'autorise
n'a pas lieu d'être
il
y a l'enfant qui pleure et qui meurt
il
y a l'enfant
l'enfant
l'enfant
l'enfant
laissons
donc aux autres le soin des discours,
la
vie est un merdier dénué de sens
il
est temps de FOUTRE LE CAMP
et
la rédemption promise n'occultera jamais la douleur
Umar Timol